in

Obama Day : Yes, he did it !

Une participation exceptionnelle s’annonçait avec un nombre record de votes par anticipation comme des nouvelles inscriptions sur les listes électorales. Ce fut le cas, notamment chez les jeunes, les minorités et les classes populaires, s’expliquant autant par une volonté de changement de l’opinion publique, l’inquiétude manifeste des américains concernant la situation économique et sociale, la volonté des électeurs de se réapproprier leur destin, le souhait affiché de tourner l’ère Bush davantage encore que de faire barrage à John McCain et enfin l’espérance d’une ère nouvelle incarnée par le jeune sénateur métis.

On redoutait un scenario comme il y a 8 ans avec un recomptage des voix, des fraudes liées aux machines électroniques et un blocage du système dû cette fois-ci à une influence record dans certains comtés insuffisamment pourvus en appareils de vote. Il n’en fut rien tant par les résultats électoraux que par le fait que John McCain ait acté sa défaite.

C’est donc un tsunami Obama plus encore qu’une vague démocrate, qui a déferlé sur les Etats-Unis ce 4 novembre. D’après les derniers décomptes, le sénateur de l’Illinois aurait derrière sa personne 238 grands électeurs quand seulement 170 lui suffisaient pour accéder à la Maison Blanche. Le score, incontesté, incontestable, est à la hauteur de l’espoir que le nouveau président âgé de 47 ans porte sur ses épaules. Celui qui sitôt élu au Sénat américain s’est lancé dans la campagne des primaires pourra s’appuyer non seulement sur le plébiscite manifeste dont il bénéficie mais encore sur un congrès à sa couleur, celle du bleu des démocrates. Le parti renforce sa majorité à la Chambre des Représentants autant qu’au Sénat. En effet, les électeurs américains se rendaient aux urnes mardi pour élire leur président et renouveler 35 de leurs 100 sénateurs, ainsi que les 435 représentants de la Chambre basse. Au Sénat, les démocrates ont atteint les 56 sièges en prenant cinq sièges aux républicains et en conservant leurs 12 sièges mis en jeu lors de ces élections, selon les projections. Par ailleurs, à la Chambre des représentants, le parti de l’âne a également élargi sa majorité de 235 sièges contre 199 aux républicains.

Sur la scène du Grant Park de Chicago, son fief, celui qui sera formellement désigné Président des Etats-Unis en janvier prochain a rappelé que le changement, son mot d’ordre de campagne, est là : «Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd’hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique». Alors que la liesse dominait dans la plupart des grandes villes américaines à l’annonce de la victoire de Barack Obama, ce dernier, qui n’a pas fait sa campagne sur l’appel au vote communautaire mais sur celui de l’unité nationale, a estimé que «Cette réponse a été donnée par jeunes et vieux, riches et pauvres, démocrates et républicains, noirs, blancs, hispaniques, asiatiques, indiens, gays, hétérosexuels, handicapés, valides. Tous ces Américains qui ont envoyé un message au monde: nous n’avons jamais été un simple rassemblement d’individus, un collage d’Etats rouges (républicains, ndlr) et d’Etats bleus (démocrates). Nous sommes et nous serons toujours les Etats Unis d’Amérique».


Ainsi le candidat républicain n’aura pas réussi à contrer le phénomène Obama malgré une campagne menée jusqu’au dernier jour, le soin du candidat républicain à ne pas s’afficher avec George W. Bush, comme le fait d’avoir cornaqué sa colistière, Sarah Palin, choix politique judicieux lors de sa désignation, qui s’est révélé négatif face à l’impréparation manifeste de la gouverneur d’Alaska à assumer un poste de vice-présidente et a fortiori de Présidente en cas de décès du candidat âgé de 71 ans et qui a déjà subi trois cancers. Du côté démocrate, Hillary Clinton n’aura pas plus réussi lors des primaires à lui faire barrage et un ultime épisode propre à inscrire la victoire de Barack Obama dans l’Histoire et à forger une nouvelle figure américaine à la John Kennedy, a eu lieu avec le décès, à l’avant-veille des élections de sa grand-mère qui l’a en partie élevé et pour laquelle il avait interrompu sa campagne deux jours durant pour se rendre à son chevet.

La désignation de Barack Obama va-t-elle changer la face de l’Amérique et la face du Monde ? C’est sur cette promesse que le candidat démocrate s’est fait élire mais c’est une autre chose pour le locataire de la Maison Blanche, que de modifier en profondeur une société américaine aux valeurs fermement encrées, aux lobbys sociaux, économiques, religieux, puissants, omniscients, omnipotents. Le réalisme politique verra certainement infléchir les promesses électorales, le retrait américain d’Irak promis, se fera, sans nul doute, mais avec quelles conséquences, avec quel calendrier ? Le désormais comptable face aux américains du déficit budgétaire déjà abyssal des USA pourra-t-il mettre en oeuvre son couteux programme électoral, malgré une volonté positive de redistribution sociale, alors même que les Etats-Unis, comme le Monde, est en proie à ce qui s’avère être la pire crise économique depuis celle de 1929 ? Ce ne sont que deux aspects et deux sujets sur lesquels devra agir le nouveau Président.

Il aura quatre années pour s’y atteler mais ne sous-estimons pas pour autant le conservatisme de la société américaine, les citoyens américains sont devenus moins sociaux démocrates qu’obamaniaques. Il reste désormais au nouveau président à conserver cet enthousiasme populaire sur sa personne et les souhaits de changements de la société américaine. A défaut, l’Histoire retiendra davantage l’élection même du nouveau président que son mandat proprement dit.

Formellement, le 15 décembre prochain, les 538 grands électeurs élus hier votent pour le président et le vice-président, le 24 décembre étant la date limite. Le 6 janvier se réunit le nouveau Congrès pour compter les votes des grands électeurs. Barak Obama sera officiellement investi le 20 janvier prochain en prêtant serment à Washington.

Le discours de Barack Obama à Chicago :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lady Elles (récital)

Californie : les LGBT ne désarmeront pas sur leur droit au mariage